Portrait de plante: camomille sauvage (Matricaria recutita ou Matricaria chamomilla)
La camomille nous accompagne depuis le Paléolithique. Ses graines peuvent survivre dans le sol jusqu’à 100 ans. Son parfum délicat et ses inflorescences jaune doré font de la camomille sauvage (Matricaria recutita) l’une des plantes médicinales les plus connues et appréciées d’Europe. Elle se distingue par ses nombreuses propriétés: calmante, anti-inflammatoire, cicatrisante, antispasmodique, antiseptique, analgésique et régulatrice du cycle menstruel.
Classification, répartition et apparence
La camomille sauvage (Matricaria recutita, historiquement Matricaria chamomilla) appartient, tout comme la marguerite et la pâquerette qui lui ressemblent, à la famille des Astéracées (Asteraceae) et au genre Matricaria, qui comprend plusieurs espèces. Il existe cependant d'autres types de camomilles, comme l’anthémis des champs (Anthemis arvensis), la camomille romaine (Chamaemelum nobile) ou encore la camomille inodore (Tripleurospermum inodorum). Parmi celles-ci, c’est surtout la camomille romaine qui possède d’importantes propriétés médicinales. En revanche, l’anthémis des champs est considérée comme légèrement toxique et dégage une odeur désagréable ou quasiment inexistante.
La camomille sauvage est une plante herbacée annuelle qui peut atteindre une hauteur de 15 à 50 centimètres. Elle pousse dans presque toute l’Europe, jusqu’à une altitude de 1600 mètres. Originaire d’Europe du Sud et de l’Est, elle est depuis longtemps naturalisée en Europe centrale.
Dans de nombreux pays, elle est cultivée en raison de la forte demande pour ses fleurs, utilisées notamment dans les tisanes médicinales. La France est l’un des pays de culture les plus importants.
La camomille pousse sur des sols riches en nutriments, en particulier en bordure des champs, sur les terres en jachère et dans les champs de céréales. Plante pionnière, elle affectionne les emplacements ouverts et ensoleillés. Les feuilles finement découpées de la camomille sauvage sont pennées et rappellent presque celles des fougères. Les capitules floraux se composent de ligules blanches entourant un centre jaune vif — l’inflorescence typique des Astéracées. Une caractéristique distinctive de la camomille sauvage est son réceptacle floral creux ainsi que son parfum aromatique évoquant la pomme.
Éviter la confusion avec d'autres variétés de camomille
À première vue, la camomille sauvage a plusieurs sosies. Cependant, son parfum prononcé de camomille et son apparence typique — avec des sommités fleuries blanc-jaune — ne sont partagés que par la camomille romaine, qui n’a rien à lui envier en termes d’efficacité.
Un critère fiable pour reconnaître la camomille sauvage est le réceptacle floral creux. Ce caractère distinctif n’est partagé que par la camomille inodore, qui, elle, est facilement reconnaissable car elle ne possède pas de ligules blanches.
Lorsque l’on cueille la camomille dans la nature, il est conseillé d’avoir toujours un couteau sur soi. En effectuant une coupe transversale de la fleur, on peut identifier la camomille sauvage de manière sûre.
Autres espèces de camomille pouvant être confondues avec la camomille sauvage et comment les distinguer:
- Camomille romaine (réceptacle floral plein)
- Camomille sauvage (réceptacle floral plein)
- Camomille inodore (réceptacle floral plein)
- Matricaire odorante (sans ligules blanches)
Les différents noms de la camomille et leur signification
Le nom botanique Matricaria fait référence à l’usage médicinal de la camomille. Le préfixe «Matri» provient du mot latin matrix, qui signifie utérus, car la camomille était autrefois principalement utilisée comme remède maison pour divers troubles féminins, notamment les douleurs menstruelles et les maux liés à la grossesse. Le nom allemand «Mutterkraut» (herbe de la mère) reflète également cet usage traditionnel. Quant à la partie «caria», elle viendrait du mot latin cara, qui peut se traduire par chère ou précieuse. Le mot camomille vient à l’origine du grec «chamaímêlon», qui signifie «pomme du sol». Ce nom a été donné parce que les botanistes d’autrefois trouvaient que l’odeur de la camomille rappelait légèrement celle de la pomme. Avant d’arriver au mot français actuel camomille, plusieurs étapes linguistiques ont été nécessaires: le mot grec a d’abord été repris en latin sous la forme camomilla, puis il a évolué en allemand médiéval sous le terme «Gamille», pour enfin devenir «Kamille» en allemand moderne.
D’ailleurs, un autre nom populaire de la camomille est «herbe à pomme», en raison, là encore, de son parfum légèrement fruité. On la connaît également sous d’autres noms régionaux comme camomille allemande, camomille vraie ou matricaire tronquée.
Utilisation en médecine populaire
La camomille sauvage est considérée depuis des siècles comme un remède universel. En médecine populaire, elle est utilisée par voie interne sous forme de tisane, de teinture ou en homéopathie pour soulager les troubles gastro-intestinaux, les douleurs menstruelles, l’insomnie et la nervosité.
Par voie externe, elle est appliquée sous forme de compresses, de bains de vapeur ou de pommades pour traiter les inflammations cutanées, les eczémas et les irritations des muqueuses.
Il convient de souligner tout particulièrement ses effets anti-inflammatoires et antispasmodiques. Elle peut apaiser aussi bien les irritations cutanées que les troubles gastriques d’origine nerveuse, ce qui en fait l’une des plantes médicinales les plus précieuses de la trousse de pharmacie maison. Les principes actifs essentiels de la camomille se trouvent aussi bien dans les fleurs que dans les feuilles, mais ce sont principalement les fleurs séchées, parfois fraîches, qui sont utilisées. Toutefois, pour des raisons de dosage, on privilégie généralement les fleurs séchées.
La camomille romaine (Chamaemelum nobile) possède des propriétés médicinales similaires à celles de la camomille sauvage, mais elle est moins utilisée. Ses effets sont également calmants et anti-inflammatoires. On la retrouve plus fréquemment dans des applications cosmétiques ou comme ingrédient dans les essences de fleurs de Bach.
L’essence de la plante
Par sa nature même, la camomille procure en sentiment de bien-être maternel sécurisant, en atténuant une sensibilité excessive des sens intérieurs et extérieurs et en résolvant les états de crampes par une douce chaleur. C’est ce qu’écrivent Roger et Hildegard Kalbermatten dans leur livre «Teintures mères végétales – essence et utilisation». Lorsque la sensibilité des sens est exacerbée, nous nous faisons de nos semblables, des situations et de l’environnement, mais aussi de notre propre corps, une image criarde et exagérée. Nous nous sentons alors vulnérables et sans défenses, nous sommes très sensibles à la douleur, irritables et réagissons avec colère et impatience à la moindre occasion. Dans ces situations, la camomille procure une douceur paisible et atténue les processus inflammatoires et spasmodiques.
Ingrédients
Principaux constituants des fleurs de la camomille sauvage
- Huiles essentielles: bisabolol, bisaboloxydes, matricine, (chamazulène — un composant de l’huile essentielle de camomille qui se forme lors de la distillation à la vapeur d’eau à partir de la matricine et qui donne à l’huile sa couleur bleu profond caractéristique)
- Flavonoïdes: apigénine, lutéoline, quercitrine
- Mucilages
- Coumarines
Symbolique et mythologie
La camomille symbolise dans le langage des fleurs la patience, le calme et la guérison. Dans de nombreuses cultures, elle était considérée comme une plante sacrée — un symbole de lumière, de chaleur et d’espoir. Les anciens Égyptiens connaissaient déjà la camomille et la vénéraient comme la fleur du dieu soleil. Avant les soins de beauté, on servait du thé de camomille. Au Bas Moyen Âge, ainsi que dans les ouvrages de plantes médicinales des monastères, on soulignait systématiquement les vertus anti-inflammatoires et cicatrisantes de la plante.
Selon la tradition populaire, les fleurs de camomille devaient être cueillies avant la Saint-Jean (24 juin), car après cette date, le «mauvais cancer» survolerait les champs. Avant la Saint-Jean, on confectionnait également des petits bouquets de camomille que l’on offrait pour protéger contre le malheur et les dégâts. On glissait aussi de la camomille et du millepertuis dans la première botte de foin pour éloigner les parasites. Encore aujourd’hui, la camomille sauvage est un symbole de guérison naturelle et un ingrédient incontournable de nombreux remèdes traditionnels maison.
La camomille sauvage en cuisine
La camomille est rarement utilisée comme plante aromatique ou condimentaire, à tort, car aussi bien ses feuilles que ses boutons floraux sont comestibles et tout à fait dignes d’intérêt.
Les feuilles de camomille peuvent être employées comme assaisonnement dans des soupes salées, des plats à base d’œufs ou encore dans des fromages frais aux herbes. Elles ont une saveur délicate et épicée, parfois légèrement salée ou amèrement prononcée, et doivent être utilisées uniquement fraîches.
Les jeunes boutons floraux peuvent être préparés comme un légume. Pour cela, on les fait tremper environ 20 minutes dans de l’eau, puis on les fait revenir doucement à feu doux dans de l’huile (comme de l’huile d’olive, par exemple).
Les fleurs fraîches de camomille s’intègrent très bien comme garniture dans une salade de plantes sauvages. Leur goût est doux, rappelant celui de la tisane de camomille.
Les fleurs de camomille sont également utilisées comme décoration pour des desserts.
Une gourmandise estivale particulièrement savoureuse est la glace à la camomille. Pour la réaliser, on fait d’abord infuser délicatement les fleurs fraîches de camomille — éventuellement combinées à des fleurs de mauve fraîches — dans un bain-marie. Le liquide obtenu est ensuite mélangé à du miel, puis à du yaourt ou de la crème. On peut parfumer le tout avec du jus de citron ou de citron vert, avant de placer la préparation au congélateur.
Sources littéraires:
- «Teintures mères végétales – Essence et utilisation», Roger et Hildegard Kalbermatten, ISBN 978-3-03800-516-2
- Die Kräuter in meinem Garten, Siegrid Hirsch & Felix Grünberger, ISBN 3-8289-2128-0
Liens vers d’autres portraits de plantes:
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Portrait de plantes: la pensee sauvage viola tricolor
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Portrait de plantes: à la rencontre de la pâquerette (Bellis perennis)
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Nôtre canaux podcasts
- Auteur/e:
- Simone Walther Büel
- Tags sur l’article:
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Communication d'entreprise
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